En janvier dernier, nous sommes allés à la rencontre d’Élise Morin à la Poèterie, à Saint-Sauveur-en-Puisaye en Bourgogne. 

« Cela fait quatre ou cinq ans que je viens régulièrement dans cette région que j’aime beaucoup. La Poèterie est un village culturel  monté par un artiste, Vincent Mani qui réunit à la fois  artistes, artisans, associations, et produit des événements. C’est un lieu très vivant qui permet aussi de mutualiser des ressources, des moyens, d’échanger, et de créer une petite communauté autour de thématiques communes”.

Cette artiste plasticienne, basée à Paris, a occupé pendant plus d’un mois l’un des ateliers de la Poèterie aux côtés d’Eloise, Sophie, Marion, Lucie, Ombeline et Anais. Six artistes converties en tisserandes pour le projet Waste Landscape et venues relever la fastidieuse tâche de tisser plus de 45 000 CD entre eux. Un mois d’un geste répétitif presque méditatif; un mois d’échanges, de découverte et de grande bienveillance. 

«À chaque fois que je vois le paysage (cf Waste Landscape), il est aussi le reflet de toutes les individualités qui lui ont permis d’exister.»

Elles auront tissé soixante douze mètres carrés chacune pour que cette installation voit le jour.

Waste Landscape est un paysage a été conçu il y a quatorze ans. Élise Morin et Clémence Eliard  se rencontrent au Japon  et partagent le même intérêt pour l’approche holistique japonaise. Clémence est architecte et Elise, une artiste fraîchement sortie des Arts Déco de Paris. Après ses études, elle s’installe plusieurs années  à HongKong puis à Tokyo . Cette période déconstruit  son rapport à la binarité, à l’impermanence et à la hiérarchie entre les disciplines, notamment à la technologie et à la notion de  “nature”. 

“J’ai toujours aimé l’artisanat . J’ai toujours aimé la matière. J’ai été profondément touché par cette approche où le geste et le savoir-faire étaient érigés au rang des beaux-arts et que les frontières entre les disciplines, le naturel et l’artificiel étaient abolies. Je pense que Clémence, je me permets de parler en son nom, a été de son point de vue d’architecte, passionnée par la relation au patrimoine, au temps des matériaux et des constructions”

Elise Morin cultive une approche pluridisciplinaire de l’art. Elle ne se limite pas à un médium et collabore régulièrement avec d’autres corps de métier dans le cadre de ses recherches. La construction d’un projet et la richesse de cette même expérience résident dans le «décloisonnement des disciplines».

 Depuis le premier Waste Landscape en 2011 au 104 à Paris, il y a eu 11 éditions. Chacune des éditions est une opportunité de collaborer avec de nouvelles communautés et l’occasion de tisser un paysage social différent. 

“Mes projets mettent souvent en lien un matériau en particulier, une technique, un enjeu technologique, souvent autour du monde du digital, et une problématique environnementale”.

L’immersion dans Waste Landscape est possible, en partie, grâce à un composition  sonore réalisée en collaboration avec Nadège Freyrit et se déploie dans tout l’espace. Le paysage sonore propose une narration des sons captés suite à la destruction du CD et à la production du paysage . À cette bande son s’ajoute un travail de lumière dynamique qui modifie la perception de l’espace. Dans le cadre de l’installation in-situ de l’exposition, nous avons mis en place un partenariat avec les étudiants de l’ESAAA (l’École Supérieure d’Arts Annecy Alpes). Ils participent au montage ainsi qu’au démontage de l’œuvre et assurent la médiation tout au long des trois mois de l’exposition. N’hésitez pas à vous adresser à eux si vous avez besoin de plus d’informations concernant l’œuvre et le parcours de l’artiste. 

Une urne est mise à disposition des visiteurs-euses à l’entrée des Nouvelles Galeries, en place Est, afin qu’ils puissent y déposer leur vieux CD. Les étudiants les recycleront afin d’en faire une installation dans la continuité de l’exposition et de la démarche artistique d’Elise Morin. 

On ne vous en dit pas plus. On vous laisse plonger dans l’univers d’Elise Morin et de Clémence Eliard au travers d’une déambulation sonore et visuelle qui vous déclenchera peut-être quelques flashbacks vers le futur ? 

Exposition visible du 1er mars au 1er juin. 

Découvrir l’ensemble du programme « Flash Back vers le futur »

Horaires

1 mars 2024
au 1 juin 2024
Lundi à Samedi
10:00 - 19:00

Localisation

Espace immersif

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